Après un trajet éprouvant de 40h, nous voici enfin arrivés sur la légendaire Île de Pâques. L’île, qui fait partie du territoire chilien, abrite les fameuses statues, les moaï, dont l’histoire reste encore mystérieuse à l’heure actuelle. C’est parti pour une découverte qui s’annonce enrichissante !

Rapa Nui

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L’île est située à l’extrême sud-est du triangle polynésien. Avec 2000 km qui la sépare de l’île peuplée la plus proche, c’est l’île la plus distante d’un autre territoire habité au monde.

Elle aurait été découverte entre 700 et 1100 par les polynésiens qui y établirent une colonie florissante. Cependant, la déforestation et la pénurie de ressources naturelles causées par la surpopulation de l’île auraient entraîné son déclin, réduisant drastiquement la population des Rapa Nui à une poignée d’habitants.

Lorsque les européens firent la découverte de l’île en 1722, elle ne comptait plus qu’entre 2000 et 3000 habitants. A l’heure actuelle, la population de l’île, composée de Rapa Nui, de chiliens et d’une poignée d’étrangers, compte à peine 6000 habitants.

Hanga Roa, le cœur de l’île

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Après le 31 octobre le plus long de notre vie – 42h, à cause du franchissement de la ligne du temps –et une bonne nuit de sommeil, nous partons à la découverte du seul village peuplé de l’île, Hanga Roa. Comme on peut s’en douter, le village est tout petit, et nous en faisons vite le tour. Nous ne manquons pas de repérer quelques restaurants, et partons louer des vélos pour explorer la partie sud de l’île, Rano Kau et Orongo.

Rano Kau

Contrairement aux idées reçues et aux informations que l’on peut glaner sur le web, l’île n’est pas plate. L’ascension du volcan Rano Kau est loin d’être facile, surtout pour les cyclistes débutants (ils se reconnaîtront 🙂 ). Malgré tout, 300m d’ascension plus tard, nous voici arrivés au sommet du volcan. Malgré la pluie et la grisaille, nous profitons de la vue du volcan, inactif et rempli de plusieurs petits lacs, ainsi que d’une vue d’Hanga Roa.

 

Restaurant Dominicain

La pluie a rendu la piste glissante, et nous décidons de ne pas continuer jusque Orongo, et redescendons lentement vers le village. Après avoir déposé nos vélos, nous partons faire notre première découverte culinaire chilienne, et nous posons au restaurant Dominicain. Nous optons pour une spécialité locale, le filet de thon à la vanille et champignons, ainsi que pour un plat plus classique, des fettucine aux crevettes et calamars.

Je ne suis pas un grand amateur de thon cuit (c’est un peu comme la viande : cuit = trop cuit), mais là il faut avouer que le mélange avec la sauce à la vanille est détonnant ! Les pâtes ne sont pas en reste : en plus des crevettes et calamars annoncés, nous avons droit à des coquilles Saint-Jacques (avec corail !), des moules et des gambas, et la sauce aux crustacés est tout bonnement excellente. Une belle entrée en matière dans la gastronomie chilienne !

 

Te Moai, le circuit mystique

Après une journée de repos (jetlag, quand tu nous tiens), où j’aurais l’occasion de confirmer que l’île est loin d’être plate après une petite balade de 20km en vélo en solitaire, et une initiation au carmenere et aux empanadas locales (empanadas aux coquilles Saint-Jacques, un délice), nous partons en tour organisé visiter la partie est de l’île qui regorge de moaï.

Mais c’est quoi, un moaï?

Les moaï sont les mystérieuses statues associées à l’image de l’île. Le mystère fût longtemps le suivant : d’où sont originaires ces statues ? Ce mystère a été depuis résolu : ce serait le peuple Rapa Nui, descendant des polynésiens, qui aurait gravé ces statues à partir de roches volcaniques, abondantes sur l’île. Les Rapa Nui les utilisaient pour se protéger des esprits et donner du mana (l’énergie) aux habitants ; c’est pourquoi ils furent retrouvés près des habitations, le dos tourné à la mer, projetant le mana vers les villageois. Mais la question de savoir pourquoi de si grandes statues? reste entière …

Il y a à l’heure actuelle presque 900 moaï sur l’île. La majorité provient de Rano Raraku, la carrière des moaï que nous visiterons plus tard. Leur position est assez aléatoire, car un tsunami les a éparpillés un peu partout sur l’île. Le processus de restauration est très onéreux, et par conséquent seule une poignée a été restaurée et amenée sur des plate-formes, les ahu, où ils sont érigés, dos à la mer et tournés vers la terre, comme à l’origine.

Akahanga

Notre premier arrêt se fait à Akahanga. D’après la légende, c’est ici que le premier roi Hotu-Matua fût enterré. Aujourd’hui, on n’y trouve plus que les vestiges d’un moai coupé en plusieurs parties, brisé après la mise en place sur l’ahu, la plateforme accueillant les moaï.

 

Ahu Tongariki

Nous mettons ensuite le cap sur structure cérémoniale la plus grande de l’île, Ahu Tongariki. On peut y admirer 15 moai, érigés dos à la mer, reposant sur un immense ahu d’une centaine de mètres, qui fût le théâtre de nombreuses guerres tribales. Première constatation : ils sont grands ! Le guide nous explique les origines et le travail effectué pour les restaurer et les amener ici, et nous montre également, au pied du moaï isolé qui surplombe le site, les vestiges d’une maison Rapa Nui en forme de pirogue. Par chance, nous sommes les premiers sur le site, ce qui nous permet de nous immerger totalement : autant les moaï que les alentours dégagent une aura particulière, indescriptible, mystique. Un site majestueux à ne manquer sous aucun prétexte.

 

Rano Raraku

La prochaine étape se fait à Rano Raraku, un autre volcan de l’île qui est également la carrière d’où provient environ 95% des moaï. Notre guide nous montre les différentes roches volcaniques utilisées pour fabriquer un moaï, et nous explique les techniques de construction et de restauration.

Ici, les statues sont dispersés un peu partout, certains debout, d’autres penchés, voire allongés. Nous avons l’occasion de voir le plus grand moaï de l’île, 21m de haut ; on comprend mieux la difficulté pour les transporter, surtout lorsque l’on a pu sentir le poids des roches qui le constituent.

Nous partons ensuite vers la gauche du site, où se situe un lac, formé dans le cratère du volcan. Aux abords, d’autres statues sont dispersés. Auparavant, les visiteurs étaient autorisés à visiter l’entièreté, mais ils ont décidés de fermer une partie, en raison des dégradations faites par les visiteurs.

Attention : si vous désirez visiter l’île, ne tardez pas trop, car notre guide nous indiquait qu’il y avait une volonté des Rapa Nui de boucler l’accès à Rano Raraku, pour éviter les dégâts occasionnés par le tourisme !

 

Anakena

La dernière étape se fait sur la seule plage de l’île, Anakena. On peut y admirer une autre plate-forme de moaï restaurés, et profiter d’une magnifique plage de sable fin et d’eau turquoise. Les cahutes aux alentours vendent des rafraîchissements à des prix tout à fait corrects, et nous en profitons pour nous poser quelques instants, à l’abri du soleil assassin de l’île.

Ne faites pas l’erreur de penser qu’il n’est pas nécessaire de mettre de la crème car la température n’est « que » de 21° : le ressenti est bien plus élevé, et l’île n’échappe pas au trou dans la couche d’ozone, en témoignaient les nombreux touristes rentrés rouges comme des homards à la fin de la journée !

 

Restaurant La taverne du pêcheur

Pour notre dernier repas, nous décidons de nous rendre à La taverne du pêcheur, recommandé par notre guide pour sa spécialité de cigales de mer. Le restaurant, comme son nom l’indique, est tenu par un français, pas vraiment sympathique. Le restaurant est idéalement situé pour admirer le coucher de soleil, réputé comme magnifique sur l’île. Nos cigales arrivent, accompagnées par une aïoli maison, un gratin de pommes de terre, des crudités et de la patate douce. C’est très bon, tout comme le vin qui l’accompagne, un sauvignon blanc chilien, et le coucher de soleil est magnifique. Dommage pour le patron !

 

En conclusion, nous avons vraiment bien aimé Rapa Nui. Il s’en dégage un sentiment particulier, attachant, empreint de mysticisme. Son côté insulaire, mais aussi d’île du bout du monde, en font une expérience unique en son genre. A ne pas manquer si vous traînez du côté du Chili !

 

 

2 Commentaires

  1. Quelle prouesse de la part du peuple Rapa Nui que ces statues! Est-ce que le guide vous a expliqué comment ils les transportaient et les redressaient? Aussi, est-ce qu’il y a des statues représentant les femmes (celles avec les chapeaux 😉 ? Enfin dernière question: est-ce que les Rapa Nui ont un gros nez? Car leurs statues oui! 🙂

    • Un peu en retard, j’ai du rassembler mon savoir 🙂
      Oui, elle nous a expliqué tout, de la fabrication au transport, mais je t’avoue que j’ai pas tout retenu !
      Pour les chapeaux, qui s’appellent des pu-kao, ils représenteraient le chignon des polynésiens, qu’ils teignaient de rouge.
      Les Rapa Nui nous ont surtout rappelés les Maori, la ressemblance est frappante … ce qui confirme, à mon sens, la théorie que le premmier peuple était constitué de polynésiens !

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