En matière de restaurant étoilé, nous sommes régulièrement déçus: en moyenne, un restaurant sur trois ne mérite pas son macaron lors de notre visite. On pourrait bien évidement arguer sur les raisons (attente plus grande, pression accrue, mauvais choix de menu …), mais le résultat reste le même. Vu le budget que cela représente, on en arrive souvent à se demander si ça vaut encore la peine de continuer. Et puis, de temps en temps, un truc énorme se produit, comme ce fut le cas lors de cette seconde visite au Bon-Bon. Et là, on se rappelle pourquoi on continue. Puis, on se demande comment on va pouvoir manger ailleurs après. Retour sur notre expérience.

Bon-Bon, salon d’artisan cuisinier

Avant-propos: par respect pour le travail du chef, de son équipe mais aussi de vous, amis lecteurs, je n’ai pris aucune photo au cours du repas afin de profiter un maximum de l’expérience offerte par Christophe Hardiquest et de vous laisser la surprise de découvrir sa cuisine par vous-même. C’est donc délibéré de ma part. Si vous avez la chance de franchir les portes de ce restaurant exceptionnel, je vous conseille d’en faire de même.

Notre premier passage au Bon-Bon remonte à tout pile 5 ans. A l’époque, bien que nous allions déjà pas mal au restaurant, nous étions encore relativement vierges au niveau étoiles. C’est donc avec une certaine candeur que nous poussions la discrète porte boisée de cet établissement bruxellois de renom, alors récompensé d’une étoile. Ce soir-là, nous mangions le meilleur restaurant de nos vies.

60 mois et des centaines de restaurants plus tard, nous revoici donc au Bon-Bon, depuis récompensé par un deuxième macaron et 19.5/20 au Gault&Millau. Je vais être honnête avec vous, j’appréhendais terriblement ce moment. Peur d’être déçu, peur d’avoir trop enjolivé ces souvenirs, peur de teinter ces merveilleux souvenirs d’une pointe d’amertume … Et puis, à peine installés sur une table avec vue directe sur la cuisine, tout ça s’est envolé.

D’emblée de jeu, les mises en bouche nous rappellent à l’ordre. La précision, la beauté, l’explosion de saveurs, l’originalité … tout est là, à un niveau encore plus élevé qu’autrefois. Déjà, on commence à ressentir le fossé qui sépare Christophe Hardiquest des autres étoilés.

Le menu, rassemblant tour à tour créations saisonnières et plats signatures, se déroule, les plats s’enchaînent et ne se ressemblent pas. Bijoux d’huîtres, déclinaison de cèpes, saint-pierre, black angus cendré …un véritable florilège de saveurs et d’associations géniales réalisées avec une précision millimétrée. A ce stade, ce n’est plus de la cuisine 2 étoiles; on est bel et bien au-delà.

Le niveau est tellement énorme qu’il nous fait vite oublier le petit bémol du dessert, légèrement en dessous du reste du repas – est-ce seulement possible avec un dessert? C’est probablement ici que Gault&Millau a retiré le 1/2 point le séparant de la perfection absolue. Perfection vite de retour avec les délicieuses mignardises qui clôturent ce somptueux repas inoubliable …

Le cadre, rénové durant l’été, a conservé son côté chic tout en gagnant un côté plus chaleureux. La cuisine ouverte, probablement la plus belle que j’ai jamais vue, est toujours bien mise en évidence pour le plus grand bonheur des gastronomes.

À la fois souriant, décontracté et pro, le service a lui aussi évolué et est tout simplement irréprochable. On se sent complètement à l’aise, ce qui n’est pas souvent le cas dans ce genre d’établissement. Le sommelier connaît son art, et les accords sont tout simplement stellaires.

Et enfin, cerise sur le gâteau, le chef est accessible, souriant, ouvert aux suggestions. On le voit diriger son équipe non pas comme un maître mais tel un professeur, distillant de manière parfaite son art à son équipe.

Bref, le Bon-Bon n’est pas loin de la perfection, et je ne serais pas étonné s’il obtenait cette fameuse 3ème étoile qui est là, à portée de main. C’est clairement cher, pas du tout à la portée de tous, mais bon sang, ça les vaut largement. Stratosphérique.

 

http://www.bonbon.restaurant/

 

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