Si vous prévoyez de visiter l’Amérique du Sud, il y a beaucoup de chances que vous vous retrouviez confronté au mal des montagnes, qui peut avoir des effets dangereux voir mortels sur la santé. Voici quelques conseils pour voyager en toute tranquillité.

Le mal des montagnes, kézako?

 

voyage-perou-soroche

La Bolivie, le Pérou, le Chili ou l’Argentine comptent parmi les pays les plus élevés au monde (altitude moyenne de 3500 mètres dans la Sierra péruvienne, par exemple), et il n’est pas rare de changer violemment d’altitude lorsque l’on voyage. Or, au-delà de 2500m, l’oxygène se fait plus rare, et le corps doit s’adapter pour produire plus de globules rouges.

Il faut normalement respecter des paliers, afin de permettre au corps de s’acclimater : pas plus de 300 mètres d’ascension par jour. Attention, on parle ici de 300 mètres pour l’endroit où l’on dort ; on peut tout à fait grimper 2000 mètres dans la même journée, tant que l’on dort à une altitude de maximum 300 mètres supplémentaires par rapport à la nuit précédente. C’est une règle d’or de l’alpinisme : climb-high, sleep-low.

Cependant, il n’est pas toujours possible de respecter cette règle, par manque de temps. Ainsi, dans notre cas, lorsque nous sommes arrivés de Santiago au Chili (540m d’altitude) à Cusco au Pérou (3400m d’altitude), nous avons subi une ascension de plus de 3000m en l’espace de quelques heures !

Lorsque l’on grimpe trop vite, il est fréquent de ressentir le mal aigu des montagnes, également appelée soroche en Amérique du Sud ou Acute Mountain Sickness. Le mal des montagnes peut se manifester de diverses manières : maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, souffle court, saignements de nez … Ces symptômes apparaissent généralement dans les 6 à 24 heures après l’installation à une certaine altitude. Concrètement, ça signifie que vous pouvez sans problème faire l’aller-retour au sommet du Mont Blanc sans rien ressentir, mais il en serait autrement si vous y passiez la nuit.

Si on ne prête pas attention aux symptômes, des complications graves peuvent apparaître, pouvant mener à un œdème cérébral ou pulmonaire. L’incidence est assez rare de manière générale, mais pas inexistante, et par conséquent il est utile d’être informé avant.

Pays à risques

Avant de s’inquiéter inutilement, il est bon de se renseigner sur la destination, et la durée de séjour en altitude. Voici la liste des 20 pays à l’altitude moyenne la plus élevée:

Altitude moyenne
Pays
3280 m
Bhoutan
3265 m
Népal
3186 m
Tadjikistan
2988 m
Kirghizistan
2161 m
Lesotho
1996 m
Andorre
1884 m
Afghanistan
1871 m
Chili
1840 m
Chine
1792 m
Arménie
1598 m
Rwanda
1555 m
Pérou
1528 m
Mongolie
1504 m
Burundi
1432 m
Géorgie
1350 m
Suisse
1330 m
Éthiopie
1305 m
Iran
1250 m
Liban
1192 m
Bolivie

Attention que l’on parle ici de moyenne; il ne faut pas se fier uniquement à ce classement. Ainsi, si l’on prend les USA, il n’apparaît pas dans le classement, mais certaines régions sont particulièrement élevées :

carte d’altitude des USA, par couleur

Conseils et prévention

Mes diverses recherches m’ont amené à compiler ma propre liste de conseils, dont voici la liste non-exhaustive :

  • Ravale ta fierté : ce n’est pas parce que tu t’entraînes tous les jours au décathlon et que tu as terminé 3ème au dernier iron man que tu ne seras pas affecté, car le soroche atteint indifféremment tout le monde ; l’important est d’admettre ses symptômes, et de ne pas penser qu’on peut vaincre le mal des montagnes !
  • Hydrate-toi le plus possible. L’altitude déshydrate, et on parle de 3l nécessaires pour entretenir une bonne hydratation.
  • Proscris l’alcool, le café et le tabac, au moins jusqu’à ce que tu sois acclimaté. L’alcool et le café augmente la déshydratation, et le tabac va te retirer le peu de souffle que tu as.
  • Bois du mate de coca, le fameux thé au coca, ou mange les feuilles de coca. Elles aident à stimuler ton corps pour mieux lutter contre le soroche. Pas mal d’études tendent à démontrer que le seul bénéfice d’en boire est de s’hydrater, d’autres parlent d’effet placebo … dans tous les cas, tu es gagnant : c’est du thé, et ça hydrate, et ça facilite le transit intestinal (reporte-toi au conseil du premier point si ça te gène de parler de ça).
  • Privilégie l’ibuprofen au dafalgan : plusieurs études ont prouvés que l’ibuprofen permet d’assécher les cloisons cérébrale qui peuvent amener à l’œdème sans toutefois être diurétique.
  • Le diamox : à prendre avec des pincettes. En plus des effets secondaires potentiels, le médicament est diurétique, et crois-moi, tu vas déjà faire pipi bien plus que d’habitude sans avoir à vouloir ajouter ça en plus. En plus, il arrive souvent qu’il masque les symptômes au lieu de les traiter, ce qui peut être très dangereux. A toi de juger, ou encore mieux, à ton médecin !
  • Fais le plein de sucres lents, qui consommeront moins d’énergie à digérer ; il suffit de se mettre à la gastronomie typique pour le faire !
  • Laisse du temps pour t’acclimater. Ce n’est pas parce que tu es déjà venu que tu ne seras pas affecté la deuxième fois. Encore mieux, si possible, construis ton itinéraire en fonction, par pallier; par exemple, Lima-Arequipa-Machu Picchu-Vallée Sacrée-Cusco-Puno.
  • Évalue tes symptômes à l’aide de l’échelle Astruc :

Symptômes 1 :
Céphalées
Insomnies
Nausées, perte de l’appétit
Vertiges
= 1 point par signe.

Symptômes 2 :
Maux de tête ne cédant pas à l’aspirine
Vomissements
= 2 points par signe.

Symptômes 3 :
Essoufflement au repos
Fatigue anormale
Baisse de la quantité des urines.
= 3 points par signe.

Si tu as plus de 6 points, redescends impérativement : les symptômes disparaissent avec la descente. Si ce n’est pas possible, rends-toi à l’hôpital le plus proche !

 

Voilà, j’espère que ces conseils seront utiles un jour : mieux vaut prévenir que guérir !

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