Après nos aventures dans la région d’Atacama, nous partons en direction du nord-ouest de l’Argentine, vers Salta. La ville est le point de départ idéal pour visiter la région du même nom, ainsi que la région de JuJuy, un peu plus au nord. Ensuite, nous partirons vers le centre-ouest, à Mendoza, la capitale des vins argentins où le Malbec est roi. Préparez vos verres fourchettes !

Bienvenidos a Argentina !

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L’Argentine est un pays à l’histoire tachée du sang des nombreuses révoltes dont il a été le théâtre. Tout comme ses voisins directs, il a connu des périodes difficiles, et il peine à s’en remettre à l’heure actuelle. Petit retour en arrière.

Des débuts difficiles

Auparavant, le pays était peuplé d’indiens tehuelches, divisés en querandies au sud du Rio de la Plata, et charruas au nord, jusqu’au 16ème siècle, qui marque l’arrivée du premier européen à parcourir le Rio, Juan Diaz de Solis, en 1516. Ce dernier est massacré avec ses hommes par les charruas, et ce n’est que 20 ans plus tard, en 1536, que la colonisation commence, avec la fondation officielle de Buenos Aires par Pedro de Mendoza. Ce dernier débarque par le sud, probablement pour éviter de connaître le même sort que Sodis. Après de premières rencontres pacifiques avec les querandies, moins belliqueux que les charruas, les relations tournent au vinaigre, et après la mort de la moitié des hommes, le site est abandonné en 1541. Il est réinvesti une quarantaine d’années plus tard, avec la plantation de l’arbre de la Justice. C’est la seconde naissance de la ville.

Une histoire de conflits

Contrairement aux colonisations fulgurantes dans le reste de l’Amérique du Sud, celle de l’Argentine met presque deux siècles, animée par les conflits entre colons et indiens. De nombreux massacres ont lieu au cours des siècles, déclenchés par les rebellions.

Une fois la colonisation stabilisée, l’Argentine attire alors les convoitises des anglais, qui lorgnent sur Buenos Aires, réputée ville la plus gaie du continent, et visent à réduire la mainmise commerciale espagnole. Lorsqu’ils ne sont pas occupés à se battre avec les anglais, les colons espagnols se déchirent de l’intérieur, lors des affrontements entre unitaires et fédéralistes. Ces deniers sont victorieux, et Rosas, aidée par sa terrifiante milice (la Mazorca), est élu président.

Le temps des dictatures

Rosas établit alors une véritable dictature de terreur, qui provoque la fuite des intellectuels et des élites du pays, et qui fait sombrer le pays dans le chaos. Il impose la poursuite des unitaires, et bannit la couleur bleue, symbole des unitaires. Toutes ces exécutions sommaires provoque une révolte, et après la défaite à Caseros en 1852, Rosas prend la fuite avec sa fille jusqu’à Southampton, où il terminera sa vie paisiblement.

Rosas est remplacé par Justo José Urquiza, qui ne valait guère mieux que son prédécesseur. Urquiza est bien vite remplacé par son plus grand adversaire, Bartolomé Mitre, élu président en 1862 après sa victoire à la bataille de Pavon. Ce dernier engage l’Argentine dans la guerre contre le Paraguay, en s’alliant avec le Brésil et l’Uruguay. Il en résulte une annexion territoriale importante, ainsi qu’une situation financière catastrophique. Peu après, de 1879 à 1884, a lieu la conquête de la Patagonie, qui résulte par le génocide des indiens mapuches et telueches, dirigé par le colonel Julio Argentino Roca, qui succède à Mitre à la présidence.

Après cet épisode peu glorieux, on voit l’essor de Buenos Aires, enfin devenue capitale officielle du pays, et ville la plus peuplée du continent. Pendant plusieurs années, la vie est calme et paisible. Mais tandis que les arts fleurissent, l’industrie rentre en crise, entraînant une grave crise économique en 1891, et une grève générale 10 ans plus tard. Roca commence à perdre en popularité, et le radical Hipolito Yrigoyen fomente alors un coup d’État en 1905. Il échoue, mais le radicalisme prend les rênes du gouvernement, lorsqu’il est élu en 1916.

L’Argentine entre dans les temps modernes

Peu après la fin de la 1ère guerre mondiale, émerge la culture urbaine, spirituelle. Buenos Aires devient un centre intellectuel, avec des figures telles que Pablo Neruda, le fameux poète chilien, Joséphine Baker, et bien d’autres. Toute cette effervescence artistique ne suffit pas à éteindre les tensions politiques, et le fascisme entre en jeu. La crise financière de 1929 entraîne une guerre civile, une année plus tard, et le gouvernement est renversé. Les élections sont truquées, et voient Augustin Justo prendre la présidence : c’est le début de la « Décennie infâme », où la fraude électorale est devenue monnaie courante.

Vers la fin des années 30, malgré la reprise économique, le fascisme l’emporte, conséquence directe des résultats en Espagne ; Franco victorieux, la grande vague d’immigration peut commencer. Sous l’influence de Ramon Castillo, d’extrême-droite, l’Argentine soutient tout d’abord les forces de l’axe. Ce dernier est renversé par le général Ramirez, qui devient président, et compose avec des nazis dans son gouvernement. Toutefois, sous la pression des USA et de la Grande-Bretagne, Ramirez cède et l’Argentine déclare la guerre aux pays de l’axe, en 1944.

Evita

Suite à sa décision trop tardive de rejoindre les forces alliées, Ramirez démissionne, et est remplacé par Farrel, épaulé par un certain Perón comme vice-président. Au cours d’une cérémonie en faveur des victimes, ce dernier rencontre la personne qui allait bouleverser le pays entier : Eva Duarte.

Obligé de démissionner suite au chaos dans les rues, Perón s’exile. Selon la légende, Eva mobilise alors, en octobre 1945, l’ensemble des travailleurs, afin que Perón revienne dans son pays. A son retour, en février 1946, il est ovationné par la foule, et est élu président. Le mythe Evita prend alors naissance.

On la voit aider les démunis, et entreprendre des réformes, telles que l’accès au vote pour les femmes, les pensions pour les retraités, … Elle est alors élevée au rang de sainte parmi la population. Parallèlement, elle est responsable du musellement de la culture. Les journaux sont rachetés et contrôlés, les intellectuels sont persécutés, les meetings politiques sont proscrits.

Elle s’éteint le 4 juin 1952, des suites d’un cancer. Avec sa disparition, Perón perd sa popularité auprès des prolétaires. L’affaire de l’or des nazis du couple Perón fait alors surface, et le coup d’État n’est plus très loin. Le 16 juin 1955, une tentative d’éliminer Perón échoue, et celui-ci riposte en saccageant les églises. Perón est excommunié, et le pays, au bord de la guerre civile, verra ce dernier s’exiler, sous la menace de la marine.

Les 7 ans de terreur

La suite de l’histoire est ponctuée de révolutions et coups d’État. Tout d’abord, en 1966, lorsque le général Ongania renverse le gouvernement d’Alonzo Frondizi ; ensuite, en 1969, où Ongania est forcé de démissionner suite à l’insurrection générale des ouvriers et étudiants ; enfin, en 1976, lorsque Videla accède au pouvoir, et par la même occasion, donne le pouvoir à la junte militaire, responsable de la terrible répression qui suivit.

C’est alors que commence une période sombre, appelée les 7 ans de terreur (1976 à 1983), période à laquelle des milliers de gens sont torturés puis exterminés. En tout, plus de 30 000 personnes disparaissent, ce qui commence à éveiller les soupçons du monde entier. C’est à l’occasion du rassemblement pacifique des mères des disparus, lors de la coupe du monde qui se déroule en Argentine en 1978, que la junte est discréditée à l’étranger, et que les choses reviennent à la normale.

L’endettement du pays

Toutefois, la politique de la junte a entraîné le pays dans une grave crise économique, et c’est à partir de ce moment que l’Argentine rentre dans le cercle vicieux du remboursement de la dette. Suite à la débandade des Malouines en 1982, la dictature s’effondre, et la démocratie reprend ses droits, bien que difficilement. Cependant, le système économique est moribond, et bientôt, l’hyperinflation ruine les classes moyennes, ce qui entraîne la chute du pays.

C’est alors qu’un péroniste est élu, Carlos Menem. Ce dernier parvient à stopper l’inflation, en indexant le peso argentin avec le dollar en 1991. Cette mesure donne l’illusion que le pays est riche, et pendant 10 ans, il vit au-dessus de ses moyens, s’endettant à tour de bras. En quelques années, le pays voit sa dette passer de 8 à 43 milliards de dollars.

Le Brésil, un des principaux partenaires commerciaux de l’Argentine, dévalue sa monnaie fin 1999. Pour pallier à ce problème, bien que tous les signes d’un effondrement soient présents, le FMI accorde un nouveau prêt de 40 milliards de dollars en août 2001, juste avant la crise économique de décembre 2001. Fin 2001, la dette est de 132 milliards de dollars, et le pays subit de plein fouet sa plus grande crise économique.

L’Argentine d’aujourd’hui

A l’heure actuelle, le pays, qui a subit d’autres revers économiques au fil des années, est victime d’une inflation galopante. Le gouvernement argentin peine à masquer la réalité du terrain: selon lui, l’inflation annuelle est en moyenne de 11 à 13%, alors que, selon The Economist, ce taux est plus proche de 25 à 30% !

Aujourd’hui peuplée de bientôt 43 millions d’habitants, l’Argentine reste malgré tout une destination touristique prisée. Et pour cause: il s’agit du pays le plus occidental de l’Amérique du Sud, avec 91% de sa population d’origine européenne. Ce n’est pas le seul attrait du pays, bien évidemment. On y vient surtout pour ses paysages exceptionnels: jungles tropicales d’Iguazu, les plaines du Chaco, les prairies de la Pampa, la Patagonie ou encore les plateaux andins du nord … Le pays n’a pas à rougir comparé à ses voisins !

La bonne chère argentine

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L’Argentine n’est pas spécialement réputée pour la finesse de sa cuisine: on vient avant tout ici pour déguster la fameuse viande argentine, réputée meilleure viande du monde, ici cuite à la parilla, le grill, dont chaque argentin à sa propre version ! La cuisine du pays est largement inspirée de la cuisine espagnole et italienne, et faire bonne chère sera la principale caractéristique.

Malgré tout, on retrouve quelques spécialités locales: le bife de chorizo, le faux-filet cuit dans son gras ,ou le bife de lomo, le filet très tendre et épais, cuits à la parilla et accompagné de sauce chimichurri (composée d’huile d’olive, de piments, d’ail, de tomates, de poivron rouge et d’herbes); le matambre, un roulé de viande farci aux légumes; ou encore, les classiques empanadas, que l’on retrouve également au Chili et au Pérou, et dont les argentins ont fait leur spécialité, de par l’impressionnante sélection que l’on peut trouver !

Dans la catégorie spécialités régionales, on retrouve le locro, un ragoût de bœuf (ou porc dans certains cas) accompagné de courge, de pois (porrotos) et de maïs, la céréale phare des régions andine, ou encore les cazualas, sorte de pot-au-feu. Pour le reste, ça reste du classique !

Impossible de parler de la cuisine argentine sans évoquer le fameux dulce de leche, omniprésent dans le pays, qui se décline ici en alfajores, petits biscuits fourrés avec cette délicieuse confiture de lait.

Le territoire où le malbec est roi

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L’Argentine est mondialement connue pour sa production de vin. Le pays se classe 5ème producteur mondial, et est essentiellement connu pour le cépage malbec. importé par des français (ça ressemble à une mauvaise herbe, pour ceux qui ne connaissent pas …). On retrouve également des cépages espagnols et italiens, principalement dans la région de Mendoza. J’en parlerai dans un prochain article sur Mendoza !

 

(sources : Petit Futé Argentine, édition 2014-2015, Wikipedia)

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