Pour notre prochaine destination, nous nous rendons à San Pedro de Atacama, petit village perdu au milieu du désert d’Atacama, dans le nord du Chili. Au programme du séjour, les visites de la Pukara de Quitor, de la laguna Cejar, des vallées de la lune et de la mort, et les lagunes altiplaniques. Vale !

San Pedro de Atacama, au milieu du salar d’Atacama

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San Pedro de Atacama est situé dans la région d’Antofagasta, dans le nord du Chili. Perdu au milieu du désert de sel d’Atacama (salar), le désert le plus sec du monde, et situé au pied du volcan Licancabur (5916m), le village sert de point de départ à de nombreuses excursions dans la région d’Atacama, ou vers le salar de Uyuni (le plus grand désert de sel au monde), en Bolivie, ce qui lui vaut d’être une des destinations touristiques les plus prisées du Chili. Et pourtant, le village est minuscule !

Le noyau touristique de San Pedro, composé de quelques rues, fourmille d’agences de voyages et de restaurants. Malgré le côté mercantile évident et parfois dérangeant, il se dégage un charme tout particulier du village d’adobe, et on y séjourne avec plaisir. Il n’y a pas de demi-mesure ici : on aime, ou on déteste. Certains lui préfèreront d’autres villages, tels que Pucre, plus au nord, plus authentique. Dans tous les cas, San Pedro reste un immanquable du Chili, définitivement !

Comment se rendre à San Pedro de Atacama depuis Arequipa

Si, comme nous, vous prenez les itinéraires classiques à contre-pied, vous tomberez sur le même problème : vous ne trouverez pas d’indications pour le faire dans ce sens-là. Voici donc un petit coup de pouce à ceux qui voudraient le faire.

Arequipa – Tacna

Il faut tout d’abord vous rendre à Tacna, dernière ville située avant la frontière Pérou / Chili. De nombreuses compagnies de bus s’y rendent toutes les heures depuis le Terminal Terrestre d’Arequipa (pour notre part, nous avons choisi Flores). Il faut environ 6h pour faire le trajet. Pour les distraits qui auraient oublié de prendre à manger, le bus s’arrête en cours de route pour laisser rentrer des vendeuses de papas rellenas et autres snacks frits. Par contre, je vous conseille d’avoir suffisamment d’eau avec vous !

Tacna – Arica

Une fois arrivé à Tacna, il faut vous rendre au terminal situé en face de l’endroit où le bus vous aura déposé. De là, il faut soit prendre un bus, soit un collectivo. Je vous conseille la deuxième option, que nous avons choisie, car il faut traverser la frontière et en bus, il faut attendre que l’intégralité des passagers soient passés pour pouvoir poursuivre, ce qui peut durer longtemps. Le collectivo démarre lorsqu’il est plein (5 passagers + le conducteur), et coûte 4000 pesos par personne (soit environ 6 euros).

Le collectivo est une petite expérience en elle-même. Excepté le conducteur, personne n’a de ceinture, et pour notre part, nous étions tous les deux devant, à rouler à tombeau ouvert dans le désert, sous le soleil accablant de midi. Fort heureusement, le trajet ne dure pas bien longtemps (1h de route et 30 min pour traverser la frontière).

Arica – San Pedro de Atacama

Depuis Arica, il reste à prendre un bus jusque Calama, puis de Calama, prendre un bus pour San Pedro. Depuis cette année, certaines compagnies font la jonction sans que l’on doive changer de bus en cours de route ; c’est le cas de TurBus, la compagnie que nous avons choisie. Il s’agit d’un trajet de nuit d’environ 10h, agrémenté par un réveil obligatoire vers 3h du matin pour le contrôle des fruits et légumes, où il faut prendre ses affaires (y compris celles en soute) et les faire passer aux rayons X. Sympa, comme réveil … 🙂

Hostal Cruz de Atacama

Qui dit destination touristique prisée, dit prix à la hausse. Malgré sa taille lilliputienne, San Pedro n’échappe pas à la règle, et les logements sont parfois ridiculement chers (on y trouve des hôtels à 1500 US$ la nuit !). Au niveau bas de gamme, plusieurs auberges se disputent leur part du gâteau, et il est possible de trouver des logements à des prix « abordables ». C’est le cas de l’hostal Cruz de Atacama que nous avons choisi.

Situé à 5 minutes à pied du centre, l’auberge dispose de wifi gratuit, de douches propres avec eau chaude (à la chilienne, faut pas pousser : soit brulant, soit glacé), d’un agréable espace extérieur ombragé et de chambres privées à 37 euros la nuit. Difficile de faire mieux à San Pedro !

Le village

Vous l’aurez compris, il n’y a pas grand-chose à voir dans le village lui-même. Excepté une église et la plaza de armas, on en a vite fait le tour. Je vous laisse jugez par vous-même 🙂

 

Roots Cafe

Une bonne adresse à San Pedro, où l’on peut trouver sandwiches, crêpes sucrées ou salées, pizzas ou encore salades à des prix raisonnables pour le coin. On y joue du reggae, du jazz, dans une atmosphère très décontractée. Je recommande particulièrement les crêpes au dulce de leche (confiture de lait), les crêpes mechada (bœuf cuit au vin rouge), ainsi que les jus de fruit frais, additionnés de menthe et gingembre, un pur délice … Le café est un peu cher, mais il est délicieux.

 

Pizzeria El Charrua

La meilleure pizzeria de la ville, tout simplement. Il est possible de faire des pizzas moitié-moitié afin de goûter différentes variations. La pizza familiale coûte 10 000 pesos, et suffit amplement à deux estomacs, aussi vides qu’ils soient. Mention particulière à la pizza de cabra, la pizza au chèvre et olives, tout simplement délicieuse de simplicité.

 

Emporio Queso y Oliva

Si comme nous, vous en avez assez de manger les traditionnels plats chiliens, il existe une petite épicerie au milieu de la rue Toconao, qui vend d’excellents produits artisanaux et locaux, dont une excellente huile d’olive en provenance d’Arica. A noter qu’elle reçoit chaque jour des baguettes de la franchuteria (voir ci-dessous)

La franchuteria

Ami lecteur, si tu séjournes à San Pedro de Atacama, alors tu dois absolument essayer la franchuteria. Assez difficile à trouver, il s’agit d’une boulangerie à faire pâlir les meilleurs boulangers de nos contrées, où l’on retrouve des croissants à la framboise, au chocolat ou au dulce de leche, ou encore de délicieuses baguettes classiques, aux olives ou au fromage. Pour s’y rendre, il faut continuer la rue qui longe l’office du tourisme sur la gauche, passer le parking, et continuer tout droit jusqu’à trouver les panneaux ci-dessous. Un must !

 

La Pukara de Quitor

Située à 5km de San Pedro, cette ancienne forteresse fut construite au 12ème siècle pour freiner l’expansion des aymaras. Toutes les constructions sont faites de liparite, extraite des rochers sur lesquelles elles sont situées. L’entrée coute 3000 pesos et permet de visiter la forteresse ainsi que d’accéder au panorama sur la vallée de la mort. Nous avons fait le trajet à pied, très facile, à condition d’être suffisamment protégé du soleil. Idéalement, on peut coupler la visite avec la visite de la Valle de la Luna à vélo (c’est sur le même chemin). Très beaux panoramas sur l’altiplano andin à l’horizon.

 

Laguna Cejar

Située à 18km de la ville, la laguna Cejar est une lagune située au milieu du salar d’Atacama, et qui a la particularité de permettre à ses visiteurs de flotter à la surface, en raison de la quantité massive de sel présente dans l’eau. On peut s’y rendre via un tour organisé (17 000 pesos), ou à vélo (6 000 pesos la journée). Une fois sur place, il faut encore s’acquitter du droit d’entrée, 15 000 pesos, ce qui en fait officiellement l’attraction la plus chère de la région (il faut savoir qu’il y a à peine un an, l’entrée coûtait 2 500 pesos !).

Pour ma part, j’ai loué un vélo, et m’y suis rendu dès l’aube, avant que le soleil ne transforme le trajet en véritable supplice. Après plusieurs recherches sur le web, on constate que la majorité des gens classent la quarantaine de kilomètres au niveau difficile. Ne les croyez pas ! Il m’a fallu 2h pour faire l’aller-retour, 45 min pour l’aller, à moitié endormi et à jeun, et 1H15 au retour, un peu plus difficile car il y a un peu de dénivelé. Les gens ont tendance à romancer leurs expériences, et transforment une marche de 3km en expédition commando au milieu du désert … J’en reparlerais dans un prochain article intitulé « La part du web : l’échelle 100% no bullshit », où je reprendrais les principales randonnées effectuées et leur attribuerais le grade qui leur correspond réellement.

Retournons à nos moutons : une fois arrivé sur place, à 7h15, donc, et après avoir lu qu’il ne faut s’acquitter du droit d’entrée que si l’on désire se baigner, quelle ne fut pas ma surprise de voir débarquer un gardien de nulle part, et qui me demande d’attendre l’ouverture du site à 9h pour pouvoir entrer. Malgré mon insistance et mon refus de payer 15 000 pesos (soit 20 euros) pour prendre 2 malheureuses photos de la lagune (ça fait cher la photo, non ?), le gardien est resté intransigeant …

Bref, ce site pue l’attrape-touristes, et je ne saurais que vous recommander de passer votre chemin, sauf si, tout comme moi, vous désirez simplement vous balader en vélo. Seul, pendant 2h, à pédaler dans le froid glacial du désert, et à pouvoir admirer le réveil progressif du désert de sel avec le soleil : une expérience magique, unique !

 

Valle de la Luna

Plusieurs possibilités pour visiter cette magnifique vallée située non loin de San Pedro. L’option vélo, tout d’abord, nécessite un minimum de condition physique, car malgré l’insistance des loueurs de vélo que la route est plate, en réalité, il n’en est rien, et l’altitude ainsi que l’état des routes ne doivent pas être sous-estimés.

Nous avons optés pour un tour organisé de fin de journée, qui permet d’admirer, à la fin du tour, le coucher de soleil sur la vallée. Selon l’agence et vos capacités à négocier, l’excursion coûte entre 8 000 et 20 000 pesos. Pour notre part, nous avons choisi l’agence Layana, qui proposait les 4h d’excursion à 8 000 pesos (tout de moins, à nous ; certains ont payés 10 000, d’autres 12 000 …) avec un guide espagnol / anglais. Il faut aussi d’acquitter du droit d’entrée, 3 000 pesos.

Cavernas salinas

Le tour commence par la visite des cavernas salinas, les cavernes de sel. Après quelques explications sur le phénomène du salar, nous commençons la visite des cavernes, pas très intéressante. Par endroit, il faut se faufiler, et après notre expérience de spéléologie forcée au Wayna Picchu, nous préférons passer notre tour lorsqu’il faut traverser un boyau immergé dans l’obscurité … Visiblement, on n’a pas raté grand-chose.

 

Arbol de pierra / Las Tres Marias

Un peu plus loin, nous nous arrêtons au milieu de la vallée salée pour observer des rochers aux formes particulières, et nommés arbol de pierra (arbre de pierre) et las tres marias (les trois maries) en raison de leur ressemblance. Ils ont de l’imagination … pas très intéressant, mais ça reste joli aux alentours.

 

Valle de la Muerte

Nous avançons dans la vallée, et nous arrivons à un superbe site nommé Anfiteatro (amphithéâtre), qui n’est pas sans rappeler les paysages de western qui ont bercés ma tendre enfance. Un des plus beaux points de la vallée.

 

Mirador de Kari & Piedra del coyote

Le dernier arrêt se fait au mirador de Kari et à la piedra del coyote, réputés pour offrir une vue unique sur la vallée et les dégradés de couleur du soleil couchant. C’est effectivement magnifique ; au fur et à mesure que le soleil se couche, nous pouvons admirer les différents dégradés de couleurs sur les roches, ainsi que sur les nuages. Nous aurons même droit à admirer la pleine lune, déversant sa lumière sur le volcan Licancabur. Un moment magique !

 

En conclusion, je vous recommande vivement de faire le tour en fin de journée, les vues sur la vallées sont tout simplement incroyables !

 

Lagunas Altiplanicas

Pour notre dernière excursion, nous avons choisi de nous rendre aux lagunas altiplanicas, les lagunes altiplaniques. Le nom provient provient de Altiplano, le nom donné au plateau de haute altitude de la cordillère des Andes, où l’on retrouve généralement des lagunes préservées et peuplées de vigognes, de flamants et autres animaux partis dans les hauteurs se réfugier de leur plus grand prédateur, à savoir l’homme. Nous avons repris la même agence qu’hier, Layana, que je vous recommande vivement, car notre guide, Simon, était tout simplement génial.

Laguna Minique

Notre premier arrêt se fait à la lagune Minique, située à 4200m d’altitude. Entourée de paja brava, la principale source d’alimentation des vignognes mais également matériau utilisé pour les toits des maisons, la lagune est magnifique. On a l’impression d’avoir une véritable aquarelle en face de nous. C’est l’endroit où nous aurons notre petit déjeuner, un buffet de sandwiches variés (avocat, fromage jambon) et de petits biscuits ; difficile de faire mieux comme aire de pique-nique !

 

Laguna Miscanti

Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour admirer la lagune Miscanti et les volcans alentours. Tout aussi magnifique que la Minique, la lagune nous offre un superbe effet miroir, ainsi que le spectacle de vigognes venues s’abreuver au loin. Tout bonnement incroyable.

 

Laguna Chaxa

Après une petite pause au village de Socaire, nous mettons le cap sur le salar d’Atacama, le plus grand bassin salin du Chili (300 000 hectares), et nous rendons vers la réserve de flamants située dans la lagune de Chaxa. Quel endroit magnifique ! Le jeu de lumières sur le salar et la lagune, avec en toile de fond les montagnes et volcans et le ballet des flamants andins, boliviens et chiliens, est tout simplement extraordinaire. L’intensité de la réverbération solaire est telle que mes photos ne font pas honneur à la beauté du spectacle qui nous est offert ici … à couper le souffle !

 

En résumé, nous avons été littéralement subjugués par la beauté sauvage du nord du Chili. Souvent boudée au profit d’Uyuni, la région d’Atacama vaut bien plus qu’un simple arrêt d’une journée avant la traversée en Bolivie. Un incontournable !

 

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