Nous prenons donc la direction de Guilin, dans la province du Guangxi. Après un vol très court, nous récupérons un taxi qui, non sans mal, nous amène à notre hôtel, perdu au milieu d’un immense chantier de construction d’un pont (mais alors, vraiment perdu : nous tournerons plusieurs fois avant de le trouver). Au programme des prochains jours : visite de la ville, puis descente de la rivière Li à Yangshuo, située au sud, et ballade au milieu des rizières. C’est parti !

Le Guangxi

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Le Guangxi n’est à vrai dire plus une province mais une région autonome. De nature montagneuse, la région offre des paysages que l’on dit karstiques, qui provient de karst, une structure géo-morphologique qui résulte de l’érosion par l’eau des roches calcaires, donnant lieu à des paysages érodés légèrement chaotiques, ainsi qu’à la formation de nombreuses caves et cavités, notamment dans les nombreuses grottes que l’on retrouve à Guilin, la ville la plus connue de la région.

Guilin, au milieu des collines

Comme notre hôtel est situé à l’extrême nord de la ville (au départ, nous devions arriver en train tard dans la nuit, ce qui explique ce choix), nous prenons un bus pour nous rendre dans le centre. La ville n’est pas bien grande, si bien qu’après une vingtaine de minutes, nous voici arrivés. D’emblée, nous repérons la devanture d’une magnifique boulangerie-pâtisserie, qui a pour spécialité les gâteaux de fête (mariages, anniversaires, …), tous aussi beaux qu’appétissants. Nous faisons une petite sélection, nous installons, et savourons notre meilleur petit déjeuner depuis que nous avons commencé l’aventure. Même le café est excellent 🙂

Nous commençons la visite par les étangs de la ville. On se sent d’ores et déjà à notre aise ici : c’est calme, peu de monde, il fait superbe, et le cadre est grandiose. Ça fait du bien après l’agitation de Chengdu. Au hasard des pérégrinations, nous tombons sur deux grands pavillons au milieu du plan d’eau, non indiqués dans notre guide. Dès qu’on s’approche, devinez sur quoi on tombe … oui, un guichet de vente de tickets ! Quelle surprise … 🙂 On se contentera de tourner autour des pavillons, et certains en profiterons pour faire un tour en cochon.

 

Après une vérification de notre localisation avec l’appli GPS offline que j’utilise maintenant depuis 3 semaines (et qui fonctionne à merveille : maps.me, je vous le conseille !), nous décidons de nous rendre à la colline Fubo en longeant la rivière Li. Quelques kilomètres plus tard, nous voici au pied de la colline ; après nous être acquittés d’un prix d’entrée correct (ça change !), nous grimpons directement au sommet, afin de profiter du panorama de la ville. C’est magnifique, et il n’y a pas un chat, ce qui nous permet d’apprécier pleinement la vue.

Nous redescendons ensuite visiter la grotte de la perle, où se situe la cave des 1000 bouddhas (que l’on ne peut photographier, donc vous devez me croire sur parole lorsque je vous dis que c’est très beau). Plus loin, on trouve d’autres bouddhas, qui ceux-là sont moins timides, et donnent la permission de les prendre en photo.

 

Passé la visite, nous nous mettons à la recherche du lunch. La ville est petite, et il n’y a pas énormément de restaurants là où nous sommes. Nous trouvons malgré tout un petit restaurant de nouilles, vraiment délicieuses, et qui ne coutent absolument rien (10 yuans le bol !). Une fois le lunch terminé, nous repartons vers un autre site, la colline en trompe d’éléphant, le symbole de la ville. Comme on commence à en avoir assez de payer pour chaque attraction, on décide de se rendre en face de la colline pour la prendre en photo.

Une fois arrivé sur place, surprise : les palmiers bouchent totalement la vue, et aux seuls endroits où la colline pourrait être visible, ces petits enfoirés de chinois ont tapé des panneaux et des rangées de pots de sapins pour bloquer totalement la vue de leur si cher symbole, obligeant les gens à faire le tour et payer une centaine de yuans pour pouvoir la voir correctement, en contrebas. Hallucinant … Qu’à cela ne tienne, j’arrive tant bien que mal à la prendre en photo au travers de deux palmiers, en mode zoom x16. Ça ne sera pas pour cette fois, les gars !

Après cette belle journée, nous allons manger, nous voulons absolument trouver les spécialités locales, le pigeonneau cuit dans des feuilles de lotus, et les divers plats aux marrons, mais aucun chinois ne semble comprendre ce que translate indique. Nous finissons par nous arrêter à un endroit où on peut choisir ses plats dans une sorte de buffet chaud, et après avoir gouté, nous reconnaissons les plats suivants : des escargots en pâte, des rognons aux haricots et piments, du poulet aux champignons et du poulet aux pommes de terre et noisettes. Le tout est servi à un prix défiant toute concurrence : 30 yuans, bière comprise. On est content 🙂

Après le repas, retour vers l’hôtel, où nous risquons plusieurs fois notre vie à traverser les travaux via la route et ses milliers de voitures et scooters (on a même dû traverser la 4 bandes et sa barrière pour y arriver, un grand moment 🙂 ).

 

Et au milieu coulent deux rivières

Le lendemain, nous prenons la route vers Yangshuo, ville plus touristique de la région mais point de départ obligatoire pour les excursions sur la rivière Li et la rivière Yulong. Il est possible de faire la descente de la rivière Li depuis Guilin, mais les prix passent alors du simple au double (facilement) ; le plus intéressant est de rejoindre Yangshuo en bus, et soit de commencer là-bas, soit remonter vers XingPing, petit village entre Guilin et Yangshuo qui n’est pas desservi directement depuis Guilin (cherchez pas pourquoi …).

Après 1h30 de trajet en bus, nous arrivons à Yangshuo. Nous partons direction la rivière Li, où nous pensons trouver quelqu’un pour faire la visite en bateau bambou. Après une marche sous un soleil de plomb et un arrêt café, nous sommes accostés par une femme qui, au final, nous cèdera l’excursion pour la moitié du prix pratiqué par les agences rencontrées tout le long du trajet.

Après une marche au pas de course jusqu’au bateau (sérieux, la petite vieille, elle était shootée au Guronsan ou je ne sais pas quoi, un vrai cabri). Sur place, elle dégage l’ancre : voilà qui explique le prix, pas d’intermédiaire, c’est carrément elle qui pilote 🙂 Nous descendons la rivière Li, c’est beau, il n’y a pas beaucoup de touristes, c’est très agréable. Les paysages sont superbes, il fait frais mais ensoleillé, et on en profite à fond.

 

Passé ce très sympathique moment, nous nous mettons en route pour le lunch. Cette fois-ci, on a profité de la réceptionniste de notre hôtel qui parle très bien l’anglais pour lui demander de nous écrire en chinois les plats que nous cherchons, mais nous ne trouvons toujours pas (ça nous fait beaucoup marcher, ces chasses aux spécialités !). Après un bon moment, nous trouvons enfin un restaurant qui sert du pigeonneau cuit dans les feuilles de lotus, ainsi que du taro, un légume tropical très apprécié dans la région. Les plats arrivent, et la déception est grande : c’est fade, très fade. Soit la cuisine du Sichuan nous a annihilé le palais, soit ça manque vraiment de goût (ou les deux).

Après ce repas très bof, nous partons pour faire la ballade jusqu’au pont du dragon. Il s’agit d’une ballade qui traverse les villages et rizières le long de la rivière Yulong, très peu connue par les touristes, et réputée comme étant une des plus belles ballades de la région. Après quelques recherches (merci le GPS !), nous trouvons la petite route qui mène sur ce chemin. Peu après, nous voici immergés au milieu des chemins, dans le calme : il n’y a absolument PERSONNE, quel bonheur ! La ballade est vraiment géniale. Après quelques kilomètres, comme Ingrid n’en peut plus (la pauvre, c’était censé être une journée de repos, et voilà que je l’emmène encore marcher des kilomètres sur des chemins de terre et de rocaille sous un soleil de plomb), nous rejoignons la route. Un chinois en scooter passe par là, s’arrête, et nous demande si on veut un lift (en langage des signes, universel) : quelle chance ! Une grande première, d’ailleurs : à 3 sur un scooter, asiat style 🙂

Nous reprenons le bus vers Guilin, et une fois arrivé dans le centre, nous prenons quelques snacks de rue, délicieux, avant de nous attabler à un petit restaurant qui a le fameux poulet aux marrons que nous recherchions tant ! Comparé au repas de midi, c’est un pur régal. Une de nos meilleures journées en Chine 🙂

 

Les grottes de Han, version Disney

Le lendemain, nous nous rendons vers la grotte des flutes de roseaux. Après une petite ascension (le nombre de marches gravies dans ce pays est impressionnant), nous commençons la visite, obligatoirement avec un des guides du site (compris dans le prix d’entrée). C’est vraiment beau, la grotte est très impressionnante, et les jeux de lumières sont savamment orchestrés, permettant de faire de superbes photos sans flash. L’entrée est relativement chère (120 yuans pour 30 min de visite), mais on n’a pas l’impression d’être volé, contrairement à la plupart des sites ; ça vaut vraiment la peine.

 

Nous repartons tout doucement vers notre hôtel, en nous arrêtant pour un dernier lunch à Guilin, délicieux, même si bien trop relevé (influence de la province du Henan, qui rivalise avec le Sichuan au niveau épices) : des nouilles froides sauce cacahuètes et piments (on ne l’avait pas vu sur la photo), du bœuf froid au persil, basilic et piments (pareil), et du céleri aux cacahuètes (ouf, ce n’est pas pimenté !). En bonus, quelques fruits, qui aideront grandement à faire passer la quantité de piments ingérés.

 

Voilà qui conclut nos aventures dans le Guangxi, une province que nous avons adorée !

 

 

 

Bonus : Hong Kong, la ville qui ne valait pas un article

 

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Comme notre billet tour du monde nous obligeait à reprendre l’avion ici, nous en avons profité pour rester un jour de plus à Hong Kong, mais au final, nous n’aurions pas dû. La ville est véritablement surpeuplée, il fait étouffant, les bâtiments sont sales (excepté certaines grandes artères), tout est cher, et pour couronner le tout, la nourriture n’est pas du tout à la hauteur de ce que nous avons expérimenté jusqu’ici.

Le vendredi soir de notre arrivée, nous nous sommes rendus dans ce qui devait être le second highlight gastronomique de notre séjour, le Shang Palace, un restaurant doublement étoilé par Michelin. Quelle déception …

Nous avons pris le menu 6 services, le chef’s signatures set menu, avec l’accord vin. La première entrée était délicieuse, et nous nous attendions à passer un excellent repas, mais nous avons vite déchantés. Entre la soupe moins bonne que de la Campbell en boite, les coquillages en plastique, le bœuf carbonnade moins bon que ce qu’on trouve par chez nous, le riz sauté aussi bon que le nasi goreng de chez Aldi et le trio de desserts passablement minable (une brochette de fruits sans goût, une sorte de yogourt à la mangue fade et un bonbon brioché tout sec), on se demande ce qui se passe chez Michelin pour oser attribuer des étoiles à des trucs qui ne valent même pas un BIB gourmand. Pour couronner le tout, le service était catastrophique : après avoir terminé mon 3ème service, la serveuse a repris mon assiette tout de suite, et m’a amené le 4ème service dans la foulée, alors qu’Ingrid en était toujours à terminer son assiette (du 3ème service). 1h30 pour expédier 6 services.

Le lendemain, notre second restaurant, le Din Tai Fung, une étoile michelin, spécialiste des Dim Sum, ne valait guère mieux. Le seul truc bien, c’était son prix (moins de 10$ pour un étoilé), mais pour le reste, les Dim Sum que nous avons mangé chez Derek (le couchsurfer de Cape Town) étaient bien meilleurs.

Le lunch que nous avions pris au petit bonheur la chance au Jade restaurant fût encore plus catastrophique. Je ne savais pas qu’il était possible de rater du riz sauté. Et bien, j’avais tort.

Et pour remettre une couche sur une structure vacillante, il faut parler de la climatisation, ici poussée à l’extrême, partout, tout le temps. 32° dehors, 16° à l’intérieur. Passer devant les devantures des magasins suffit à prendre un coup de froid, et il est impossible de s’installer quelque part sans devoir mettre son pull. Et pourtant, nous sommes belges, pas haïtiens.

Hong Kong, la ville surfaite, artificielle, qui se donne des airs de gastronome. L’anti-quintessence de l’humanité, bruyante, irrespectueuse, pollueuse, égoïste et matérielle. La ville à vous faire haïr l’humain, à vous faire haïr le chinois, qui est pourtant bien loin de ce condensé si peu flatteur. Fuyez, pauvres fous …

 

 

 

C’est donc sur cette note légèrement acide que se termine le dernier article sur la Chine !
Rassurez-vous, Hong Kong n’est pas pris en compte dans notre impression générale du pays 🙂
Au final, nous avons bien aimé, même si c’est loin d’être notre pays préféré. L’expérience du canard restera dans nos mémoires, ainsi que la province du Guangxi, magnifique, qui vaut à elle seule le détour.

Rendez-vous en Indonésie pour de nouvelles aventures !

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