Si Halloween est désormais bien ancré dans nos traditions, Thanksgiving est encore loin d’être célébré en Europe. Pour ma part, cela fait désormais 4 ans que cette fête d’origine américaine est au programme des fêtes de fin d’année. Mais, qu’est-ce donc, exactement? Histoire, traditions et recettes de Thanksgiving: suivez le guide.

A time to be thankful

Tableau de Jennie A. Brownscombe (1914) représentant le premier Thanksgiving à Plymouth (source : wikipedia)

[…] TO set apart and observe the last Thursday of November next as a day of thanksgiving and praise to our beneficent Father who dwelleth in the heavens.

Abraham Lincoln, Proclamation 106—Thanksgiving Day, 1863.

Thanksgiving est une fête célébrée aux États-Unis, au Canada, dans les Caraïbes et au Liberia. Elle a pour but de célébrer les récoltes et rendre grâce aux bonheurs reçus pendant l’année. La date de célébration n’est pas la même partout; ainsi, elle a lieu le 4ème jeudi de novembre aux USA, tandis que les canadiens la célèbrent le 2ème lundi d’octobre.

Aux USA, historiquement, Thanksgiving serait né en 1621 lorsque les pèlerins fraîchement débarqués du Mayflower convièrent les tribus indiennes autochtones (les Wampanoags)  à un repas afin de les remercier de les avoir sauvés en leur offrant à manger, puis en leur apprenant à chasser, pêcher et cultiver le maïs. Ironiquement, ces populations locales furent décimées par la suite par les maladies que les colons amenèrent avec eux, comme la grippe, les oreillons, la variole … c’est ce qu’on appelle l’invasion silencieuse, en contraste avec les conflits armés qui furent déclenchés par la suite, avec le résultat qu’on connaît aujourd’hui.

Elle fut ensuite décrétée officiellement par  George Washington en 1789, puis devint fête nationale en 1863, lors de la proclamation d’Abraham Lincoln ci-dessus.

 

Le repas de Thanksgiving

Le premier Thanksgiving organisé il y a 4 ans: dinde farcie à la saucisse, aux pommes et noix, oignons rouges farcis à la tome d’abondance, chou de Bruxelles grillés au citron et curry, gratin de patate douce aux marshmallows, purée classique, salade de haricots verts aux oignons et sauce cranberry classique

Aujourd’hui, traditionnellement, Thanksgiving est célébré par un repas en famille composé autour de la dinde, animal emblématique de cette fête découvert par les pèlerins lors de lors arrivée dans le Nouveau Monde. La farce (stuffing) est, contrairement à notre version de Noël, parfois cuite en dehors de la dinde (dressing). Apparemment, cette différence entre stuffing et dressing n’est pas claire et le débat fait rage chaque année pour savoir si l’un ou l’autre sont identiques ou si l’un doit être cuit dans la dinde ou non … pour ma part, ça me parait clair, car on dit to stuff something, ce qui correspond bien à l’action de farcir. Vous en pensez quoi, vous?

Au niveau des accompagnements, on retrouve classiquement de la sauce aux canneberges (cranberry sauce), une purée de pommes de terre (mashed potatoes), un gratin de patates douces (sweet potatoes) et des légumes verts (greens). Mais bien évidement, il existe des dizaines de variations possibles. C’est bien simple, j’adore célébrer cette fête rien que pour pouvoir tester des nouvelles recettes chaque année 🙂

Enfin, le repas se clôture traditionnellement par une tarte au potiron ou une tarte aux noix de pécan, histoire de s’achever en beauté. Aucun doute, c’est pas dans ce genre de repas qu’il faut commencer à compter les points …

 

Comment préparer la dinde de Thanksgiving?

Vous l’avez sûrement déjà entendu, peut-être même dit vous-même: « je n’aime pas la dinde, c’est trop sec ». Et oui, contrairement aux idées reçues, ce n’est pas si simple ! Vu le poids que peuvent atteindre les dindes, il faut en effet respecter plusieurs règles pour obtenir une cuisson parfaite.

1ère étape: faire saumurer la dinde

Un bain de saumure de min. 12h, l’un des fondamentaux pour une dinde réussie !

Le débat fait rage chez les chefs: saumurer ou non? Personnellement, depuis que j’ai essayé, je ne me pose plus la question. Mais c’est quoi, saumurer, au juste?

Le saumurage (brining) consiste à immerger la dinde dans un mélange d’eau et de sel pendant au minimum 12h afin d’apporter de l’humidité à la chair. On en profite généralement pour ajouter des herbes aromatiques et des épices pour parfumer la chair, par exemple avec du thym.

Concrètement, il faut compter 125g de sel pour 5 litres d’eau, ce qui devrait suffire pour immerger une dinde de 4/5 kg.

  • porter 1/2l d’eau à ébullition
  • ajouter le sel et laisser dissoudre
  • lorsque le mélange est refroidi, verser sur la dinde avec le reste de l’eau de manière à l’immerge complètement.

Attention de ne pas dépasser 24h d’immersion sous peine d’altérer la consistance de la chair.

2ème étape: farcir la dinde

Pendant que les américains se chamaillent à savoir si la farce doit se trouver à l’intérieur de la dinde ou en dehors, nous, on va continuer de la farcir normalement, ce qui aide à alimenter la chair intérieure avec la graisse de la farce. Pour cela, il faut choisir une farce à base de viande qui va rendre du jus et de la graisse pendant la cuisson et parfumer la chair par la même occasion (pour une idée de recette, rendez-vous en fin d’article).

3ème étape: barder la dinde

La barde protège la viande et l’empêche de se dessécher. C’est une technique très répandue autrefois qui protégeait les aliments des chaleurs trop intenses des fours que l’on savait difficilement réguler. Ici, je réalise la barde avec des tranches de lard; en plus de protéger la chair, elles vont l’alimenter en graisse et la parfumer.

4ème étape: la cuisson

Pour la cuisson, il faut compter environ 45 min par kilo. L’idéal est de commencer la cuisson à 150° sous des feuilles d’aluminium pour protéger la peau, qui risquerait d’être trop cuite avant que la chair ne soit à bonne température. On termine à découvert à 200° pendant 30 min pour donner une belle coloration. Tout le long de la cuisson, il faut penser à arroser régulièrement la dinde avec le jus de cuisson toutes les 30 min, sauf à la fin, où il vaut mieux le faire plus régulièrement pour assurer une coloration régulière.

5ème étape: repos et découpe

Une fois la dinde cuite à cœur, l’idéal est de la laisser reposer 30 min afin qu’elle soit plus tendre. Pour ne pas servir une dinde complètement froide, il suffit de remettre l’aluminium de la cuisson afin de la garder au chaud, en prenant soin de récupérer le jus de cuisson avant pour en faire une sauce (gravy) pleine de saveurs … Une fois le délai imparti, il suffit de découper classiquement, comme on le fait pour un poulet !

 

Accompagnements

Pour les accompagnements, j’aime bien respecter cette composition:

  • des pommes de terre, en purée
  • des patates douces, en gratin
  • une sauce aux airelles
  • 3 plats de légumes (alternance entre plats chauds et froids pour la logistique)

Vu le manque de célébration de cette fête chez nous, pour trouver des recettes, il vaut mieux éplucher les sites de cuisine US ou canadiens. Le problème, c’est de faire son choix ! Pour vous aider si vous débutez, voici une petite sélection de nos recettes favorites; aucune ne comporte de difficulté particulière.

 

Gratin de patates douces aux marshmallows

source : https://www.marthastewart.com/336694/sweet-potato-casserole

Sans hésiter le plus surprenant et le plus apprécié de tous. Si vous avez l’impression de faire un dessert, dépassez vos craintes … résultat garanti !

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Sauce aux airelles au porto

La première fois que j’ai préparé la sauce aux airelles, je n’étais pas satisfait: c’était amer et fade en même temps (oui, c’est possible !). Après plusieurs essais, j’ai enfin trouvé la recette ultime: ajouter du porto, de l’anis étoilé (badiane) et du sucre brun ! L’idéal est d’ajouter le sucre petit à petit jusqu’à ce que l’amertume naturelle des airelles disparaisse, afin d’éviter de se retrouver avec une sauce trop sucrée.

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 Farce aux marrons et à la saucisse italienne

Pour la farce, les marrons sont un grand classique de la dinde de Noël. Ici, le hachis est remplacé par celui de saucisses italiennes, auquel on ajoute du vin blanc, des croûtons et des épices. Simple et efficace !

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La purée de Joël Robuchon

Je vais être honnête avec vous, je n’ai encore jamais réalisé cette purée pour Thanksgiving, ça sera ma première fois ! J’ai beau avoir essayé plusieurs autres versions – avec la peau, avec de l’ail, entièrement cuites dans la crème, avec des herbes, des épices, … cette purée reste la meilleure que je connaisse. Il y a des chances que vos invités soient bluffés 🙂

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Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous recommande chaudement ces sites, véritables mines d’or d’inspiration de recettes de Thanksgiving:

https://food52.com/
https://www.marthastewart.com/

Bonne chance à ceux qui se lanceront, le résultat est à la hauteur du travail fourni. Bon appétit à tous 🙂

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