Et voilà, la grande aventure a démarrée ! Première destination: Afrique du Sud. Au programme: les alentours de Durban avec Sani Pass, le Lesotho et la réserve de Hluhluwe-Umfolozi, Cape Town et la fameuse Table Mountain, Cape Point et le Cap de Bonne-Espérance, et enfin, Stellenbosch, ville incontournable de la route des vins. Vorentoe !

Rainbow nation

Un monde en un seul pays

L’histoire de l’Afrique du Sud est émaillée de conflits, entre les blancs et les noirs, entre les noirs et les blancs. C’est le pays de l’apartheid, dont les règles seront abolies par Nelson Mandela, peu après sa libération, entre 1991 et 1994, date de l’installation du gouvernement de coalition. C’est également le premier pays africain a avoir hébergé la coupe du monde, le propulsant sous les feux des médias du monde entier, pour le meilleur et pour le pire. Mais c’est avant-tout un pays qui a su conserver ses richesses tout en développant ses infrastructures, un morceau de civilisation contrasté par sa faune et sa flore.

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La devise nationale, exprimée en Bochimans, signifie « Peuples divers, unis ». Le drapeau sud-africain, né en 1994 et venu remplacer l’ancien drapeau de 1928, trop contesté car uniquement lié à l’histoire des colons néerlandais et britanniques, se veut l’étendard de cette devise.

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Sur ce nouveau drapeau, le noir, le jaune et le vert sont les couleurs de l’ANC (African National Congress), tandis que le rouge, le blanc et le bleu sont celles de l’ancienne république des Boers, le Y représentant la convergence et l’unification.

Certains préféreront sans doute l’interprétation plus poétique du drapeau, plus représentative des symboles de l’Afrique: le bleu, le ciel; le vert, la terre; le blanc, les Afrikaners; le noir, les populations noires; le jaune, l’or du pays; le rouge, le sang versé, avec le Y unifiant le tout dans une nation arc-en-ciel.

En réalité, sur le terrain, la ségrégation est toujours bien présente. Plus de 20 ans après l’abolition de l’apartheid, les statistiques parlent d’elles-même: 52% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et parmi la population noire, cela représente 62%. Les pauvres sont donc toujours les noirs, dont 2 millions vivent dans des townships (bidonvilles). Le chemin est encore long avant que l’égalité soit réellement présente.

Le grand départ

Après des mois de préparation et d’attente, nous voici donc enfin au jour J. Comme de bons planificateurs que nous sommes, nous nous rendons à l’aéroport 3h30 à l’avance. Bon, en réalité, c’est surtout parce que nous n’avons pas pu faire notre checkin online, car « la réservation ne concerne pas un vol British Airways, prière de contacter la compagnie avec laquelle vous effectuez le vol« . Ha bon?

Oh, le beau ticket British Airways …

En gros, vu que nous avons un numéro de réservation unique pour l’ensemble de nos vols, nous voilà condamnés à faire le checkin au comptoir de chaque compagnie. A moins que cela ne concerne que British Airways … 🙂

Nous nous rendons donc au comptoir, et l’hôtesse nous indique que notre vol aura au minimum 30 minutes de retard, en raison de fortes turbulences à l’aéroport d’Heathrow, notre première escale. Elle nous propose de prendre le vol précédent, lui-même affecté par ces perturbations, à condition que nous soyons assez rapides, car il décolle dans les 30 minutes qui suivent. On relève le challenge, profitant de la confusion pour faire passer nos sacs en bagages à main, et 28 minutes plus tard, nous voilà dans l’avion précédent.

British, c’est fini, et dire que c’était la compagnie de mon premier world tour …

2h15 plus tard, nous arrivons au terminal 5 d’Heathrow, où nous attend notre deuxième avion. Oui, oui, 2h15 pour faire Bruxelles-Londres … c’était tellement le chaos que l’avion a dû d’abord attendre 30 minutes avant de pouvoir décoller, et a dû faire plusieurs cercles au-dessus de l’aéroport avant d’avoir la permission d’atterrir. Parmi les autres passagers, on ressentait beaucoup de stress, car la majorité allait rater leur correspondance, ce qui nous serait arrivés si on avait pris l’avion prévu au départ. Au final, nous sommes arrivés à l’heure prévue de notre vol qui décollait 2h après. Les dieux du voyage sont avec nous !

Le deuxième vol se passe sans encombre, ponctué de repas infects et de longues siestes, recroquevillés dans des sièges bien trop petits pour un vol long courrier, et agrémenté par des hôtesses aussi aimables que des portes de prison. Nan, mais sérieusement British, what the F?

Après avoir annulé 5 vols sans prévenir (pas d’email, pas de sms, pas d’appel, rien), forcé des rebookings en ne changeant qu’une partie des vols nécessaires pour un trajet (nous demandant de prendre un avion la veille que l’on y soit avec la première connection), annulé un de mes vols mais pas le sien, forcé la main à tout faire par téléphone, m’avoir obligé à aller payer 4 000 euros en cash au comptoir, nous bloquer le checkin online sur tes propres vols, t’es pas foutu de nous fournir un avion correct, des hôtesses un peu aimables, et de la bouffe qui n’est pas sortie d’un hôpital des années 80?

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Bref, vous l’aurez compris, pour nous, British, c’est terminé. Je lui décerne l’award peu prestigieux de compagnie aérienne la plus catastrophique qu’il m’ait été de prendre en une trentaine de vols.

Il reste à ce jour un mystère non élucidé: où sont passées mes chaussettes? Après avoir dormi quelques heures, impossible de retrouver mes chaussettes, qui étaient déposées à côté de mes chaussures … une chaussette, on pourrait se dire que c’est une perte, mais les deux, ça sent carrément le crime à grand échelle, le trafic de chaussettes international ! A moins que …

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Une nouvelle paire de chaussettes plus tard, nous arrivons à Johannesburg.

Kulula Airways

Première constatation: il fait chaud ! Il faut savoir que c’est actuellement la fin de l’hiver, et que la météo est normalement plutôt maussade, donc c’est une agréable surprise. Nous en profitons pour faire une pause café au soleil, avant de repartir vers notre vol domestique direction Durban.

Pour ce vol, nous avons pris la compagnie Kulula Airways, qui est un peu l’équivalent de Ryanair en Afrique du Sud. Si vous ne l’avez pas vue, je vous conseille cette vidéo, qui représente bien l’esprit fun de la compagnie:

Rien à redire, le vol s’est bien passé, les hôtesses sont sympas, et il règne une bonne ambiance. Ils n’ont même pas regardé nos sacs, qui ne rentrent pas dans le box de dimensions standards, ce qui arrange bien nos affaires. Même les petits pamphlets avec les consignes de sécurité sont marrants 🙂 Pas mal, pour une compagnie low-cost ! Prends-en de la graine, British …

Après une petite heure de vol, nous arrivons à Durban, et nous rendons vers notre lodge, situé à Durban North.

Billtong

Après s’être installés, nous partons faire quelques courses au magasin du coin, histoire de grignoter un morceau et, étant donné le programme chargé des prochains jours, faire quelques réserves.

Nous n’avons pas spécialement faim, on décide donc de manger léger. Au programme, on commence par le billtong, accompagné par une des deux bières les plus populaires du pays, la Castle Lager.

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Le billtong, qu’est-ce que c’est? Et bien, c’est tout simplement un bâtonnet de viande séchée, mariné avec des épices, un peu comme le beef jerky, excepté qu’ils en font avec tout (koudou, springbok, autruche, …). Sa naissance remonte aux grands treks afrikaners, qui faisaient sécher la viande afin de la conserver plus longtemps, et permettait donc de traverser le pays en chariot avec des réserves de viande.

Concrètement, c’est très dur, il vaut mieux avoir de bonnes dents, mais c’est bien meilleur que le beef jerky. La bière est relativement quelconque, mais à le mérite de bien passer avec la chaleur. Un peu comme une pills, quoi … c’est quoi une lager, au juste?

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Pinotage

Nous enchaînons notre repas de fortune avec une autre spécialité sud-africaine, le pinotage. Il ne s’agit pas de nourriture ici, mais d’un cépage, le seul cépage authentiquement sud-africain, né du croisement improbable (sacrilège, dirons certains) entre le pinot noir (Bourgogne) et le cinsault (Rhône). C’est un vin très fruité, et au fond très boisé. Les puristes le trouveront trop fort en alcool ou trop prononcé en chêne, personnellement, nous avons bien aimé, tout comme le petit assortiment traiteur qui l’a accompagné (butternut, boulettes et boeuf braisé). Apparemment, ça plaisait au chien également.

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Rendez-vous dans un prochain article plus sérieux sur Sani Pass et le Lesotho !

 

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